01.08.2014

Ecologie et industrie graphique: entre idées reçues et réalité, il s’agit de mettre les choses au point. Viscom, l’association suisse qui regroupe employeurs et entrepreneurs du domaine de la communication apporte l'éclairage nécessaire à ce sujet.

(Source: www.viscom.ch, août 2014)

Le produit imprimé n’est pas durable?
L’industrie graphique est soucieuse de l’écologie. Si auparavant l’utilisation d’énormes quantités de produits chimiques et de solvants contenant des COV était inévitable, aujourd’hui les entreprises de la branche sont extrêmement efficientes en matière de gestion durable. Les procédés modernes et électroniques aident à produire sans utiliser de telles substances et sans polluer l’environnement.
La gestion durable est un engagement croissant pour favoriser un environnement pur. Derrière les produits et les entreprises durables, il y a également un partenariat social équitable. viscom entretient depuis des décennies un dialogue constructif et progressif avec les syndicats. Seuls les entrepreneurs qui s’engagent aujourd’hui en matière de partenariat social pratiquent réellement de la gestion durable.

Le papier détruit la forêt?
Depuis 1950, les forêts européennes ont cru de plus de 30% (1). La croissance annuelle correspond à quatre fois la ville de Londres (2). L’industrie papetière est un consommateur de bois relativement faible. 53% de la récolte mondiale de bois est utilisée pour la production d’énergie, 28% est destiné aux scieries et 11% seulement est livré à l’industrie papetière (Statistiques FAO 2007). FSC, qui est le standard de la gestion durable des forêts est aussi un label très répandu dans l’industrie papetière. La majorité des papiers disponibles aujourd’hui sur le marché sont certifiés FSC.
La déforestation concerne majoritairement la forêt tropicale. Ici, les plantations s’écartent généralement des règles de l’agriculture (replantingtherainforests.org, avril 2009). Dans le Nord de l’Europe, le papier provient de forêts naturelles, où le cycle de la déforestation et la culture sont soigneusement inspectés. Selon les statistiques commerciales de la CEPI, environ 94% du papier utilisé en Europe provient du continent (3). Une des nombreuses propriétés du papier est son rôle en tant que matière première renouvelable et recyclable. L’Agence européenne pour l’environnement EEA a déclaré que la pratique forestière européenne a un impact positif sur la biodiversité (4). Près de 98% des forêts européennes sont protégées par un plan de gestion qui évite toute exploitation erronée ou excessive (MCPFE, Europes’s Forests).

Le papier dégrade l’environnement?
L’industrie papetière dispose de nombreux systèmes de certification, reconnus au niveau international, qui garantissent une gestion durable des forêts. Aujourd’hui ce sont quelque 30 systèmes dont les plus importants sont «Forest Stewardship Council» (FSC) et «Program of Forest Certification» (PEFC).
FSC fournit des normes mondiales pour une gestion des forêts établissant un équilibre entre les aspects environnementaux, sociaux et économiques. Le respect de l’économie forestière et de l’écosystème sont tout aussi importants que la plantation d’arbres pour préserver l’avenir des forêts. FSC offre au consommateur final une transparence complète et la possibilité de suivre un produit. Ce que l’on appelle la «Chain-of-Custody», soit la «chaîne de confiance», garantit l’utilisation de matières premières conformément aux normes FSC à chaque étape du traitement d’un produit imprimé.

Une montagne de déchets
En 2010, le papier a atteint un taux de recyclage de 72,2%. Cela fait de l’industrie gra0phique le leader incontesté en matière de réutilisation des matières premières. Dans un monde multimédia, le produit imprimé est le moyen le plus durable en matière de communication. La ferraille électronique est actuellement la plus importante composante du facteur de croissance dans les déchetteries communales. Au niveau européen, cette croissance annuelle est comprise entre 3 et 5%. Selon des estimations de Greenpeace, la montagne de déchets électroniques s’élève à près de 50 millions de tonnes par année.

L’imprimé génère du CO2
Chaque Suisse consomme en moyenne 200 kg de papier par année. Cette quantité comprend les serviettes et tous les autres papiers de ménage. Selon le site où est produit ce papier, chaque habitant produit entre 130 et 250 kg CO2. Ce qui est décisif est l’énergie avec laquelle ce papier est fabriqué. A titre de comparaison, cette quantité de CO2 correspond à quelque 900 km parcourus avec une voiture familiale.
L’industrie graphique a très tôt reconnu les possibilités de développement durable, en produisant des imprimés sans émission de CO2. Elle s’appuie pour cela sur une base volontaire, avec des modèles divers de réduction de CO2 qu’elle a toujours été la première à mettre en œuvre afin de réduire les émissions avant de les compenser.
Les mesures de réduction peuvent être prises sous la forme d’optimisation des processus. Si une entreprise est certifiée swissPSO par exemple, elle peut d’une part garantir à ses clients une qualité normalisée et reproductible. D’autre part, l’expérience acquise dans une telle entreprise permet de réduire la gâche et les temps de production, se qui se traduit finalement de manière perceptible sur le bilan CO2.